Réouverture: E.T. + projection 70mm
E.T. ou le mal du pays
Friedrich Dürrenmatt, dramaturge suisse de renommée mondiale, avait, du moins si l'on en croit un récit de son ami Maximilian Schell, un film américain préféré: E.T. the Extra-Terrestrial de Steven Spielberg. Cela semble logique. L’histoire de Spielberg sur le mal du pays dans l’espace, l’aventure de ce sympathique extraterrestre qui, grâce à son humour et à son empathie, rend ses hôtes meilleurs, a en effet beaucoup en commun avec les pièces de l'écrivain telles que Le Météore et Les Physiciens dans lesquelles il met en scène les grandes questions sur la vie à l’échelle universelle.
Spielberg lui-même considère son film comme un hommage aux grands noms du cinéma mondial, en premier lieu à Jea Vigo, à qui il fait référence dans E.T. avec une scène de salle de classe à l’allure surréaliste et anarchique inspirée de Zéro de conduite.
Mais E.T. est avant tout un exemple de ce dont le cinéma est capable: créer des personnages qui stimulent l’imagination de plusieurs générations et, comme chez Dürrenmatt, répondent aux interrogations existentielles d’une manière divertissante. On peut se réjouir dans ce film de l’empathie que suscite le protagoniste, un peu comme un animal de compagnie, tout en ayant à l’oreille le rire cosmique d’un Dürrenmatt.